Le jour où Philip K. Dick a découvert Blade Runner


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La singularité des visions de Philip K. Dick — et les drogues qu'il gobait, aussi — a toujours rendu délicate l'idée d'adapter ses œuvres au cinéma. Au début des années 1980, quand il apprend que son roman Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?, publié en 1968, va être adapté au cinéma, l'écrivain préfère se tenir très éloigné du projet. Jusqu'au jour où on lui propose une séance spéciale pour visionner une version préparatoire de ce qui deviendra Blade Runner...


Harrison Ford dans Blade Runner, de Ridley Scott
  Philip K. Dick, bien entendu informé de l'adaptation en cours de son roman par Ridley Scott, avec un budget significatif, n'avait jamais mis les pieds sur les lieux du tournage. Il s'était finalement résolu à faire un tour sur le plateau afin d'assister à une projection des premiers rushs du film. « J'ai reçu un coup de fil des secrétaires du département de la production pour me prévenir que Philip K. Dick arriverait à 15 heures », se souvient David Dryer, responsable des effets spéciaux du film.
Autant dire que la pression s'élève d'un coup : « Elle m'a dit de rassembler des séquences d'effets spéciaux pour obtenir le meilleur résultat possible. » Dryer réquisitionne la salle de projection d'Entertainment Effects Group, la boîte d'effets spéciaux responsables des trucages de Blade Runner, confortable, dotée d'un système sonore à réveiller les morts et capable de projeter un film en 70 mm.
« Vangelis [qui composera la bande originale du film] n'avait pas encore composé la musique, mais Matthew Yuricich [qui a créé les décors du film] avait pris l'habitude de peindre ses décors en écoutant d'anciens albums de Vangelis — il aime peindre en musique. Puisque nous avions déjà expérimenté une telle superposition, nous avons aussi décidé de passer du Vangelis en fond sonore, pendant que nous diffusions nos séquences », explique David Dryer.
Philip K. Dick arrive, et inutile de dire qu'il se fait remarquer : « Je me suis tout de suite rendu compte qu'il n'était pas content », se souvient Dryer, malgré le trajet en limousine payé par la production. « Pour commencer, il m'a reproché tout un tas de choses avec un ton grognon — il voulait savoir ce qu'il se passait, n'était pas du tout satisfait par le script, et ceci, et cela... »
Après une visite des studios qui laisse Dick sans réaction visible et une courte réunion avec le réalisateur Ridley Scott, Philip K. Dick s'installe dans la salle de projection. « Dick était un peu sur ses gardes », se souvient le réalisateur. Les lumières s'éteignent... Pendant vingt minutes, l'écrivain ne fait plus un geste, captivé.

Philip K. Dick : “Il y a toujours de très forts préjugés contre la SF”

« Les lumières se sont rallumées, et Dick s'est tourné vers mois : “Vous pouvez le remettre ?” m'a-t-il demandé de sa grosse voix. Le projectionniste a rechargé la bobine et lancé le film. » Pour la deuxième fois, les lumières se rallument pour révéler un Philip K. Dick étourdi : « Dick me regarde droit dans les yeux et dit : “Comment est-ce possible ? Qu'est-ce que c'est ? Ce ne sont pas les images exactes, ce sont le ton et la texture des images que j'avais dans ma tête quand j'ai écrit ce livre ! L'environnement est exactement le même ! Comment avez-vous fait ça ? Comment avez-vous su ce que je pensais et ressentais ?” »
A priori, il ne s'agissait pas d'une énième crise de paranoïa de l'auteur, qui meurt quelques mois plus tard, en mars 1982, alors que la sortie de Blade Runner est imminente... Ces souvenirs de tournage ont été recueillis par Paul Sammon dans le livre Future Noir : The Making of Blade Runner, publié par Dey Street.

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Flavorwire

2312 de Kim Stanley Robinson



L’auteur de la trilogie martienne  va avec 2312 à nouveau nous faire voyager dans l’espace avec 2312. Dans ce nouveau roman qui prend comme terrain de jeu notre système solaire, de nombreuses avancées scientifiques ont permis de transformer l’humanité : des ordinateurs miniaturisés permettent de survivre et accompagne les hommes aux quotidiens ; il est possible aussi de faire évoluer sa nature avec entre autres un changement de sexe et une plus grande longévité ; la terraformation de nombreuses planètes est aussi devenu une réalité.
C’est dans ce futur (en 2312 donc), que Swan excerce son métier d’artiste de l’extrême mettant en vie plus que régulièrement sa vie au titre de la performance. D’ailleurs, le livre questionne autour de ce sujet de la longévité puisque cette prise de risque, Swan est loin d’être la seule à s’y soumettre : de nombreuses personnes se lancent dans une course contre la mort, tous les jours, courant après ou avant le soleil suivant les cas.
Quand tu accrois la partie religieuse du bloc temporal, tu peux devenir une personne très différente, sans parler des risques d’épilepsie. Et ce n’était que le début. Maintenant tu as cette partie animale en toi, tu as Pauline qui enregistre tout ce que tu vois – ce n’est pas insignifiant.
Mais ce n’est pas là que réside le cœur de l’histoire même si ces questionnements font partie des points forts de ce récit : l’intrigue se situe autour de la mort d’Alex, dirigeante de la colonie humaine sur Mercure, unanimement apprécié. Cette mort, jugée dans un premier temps normale, interpelle car Alex avait de grands projets, qu’elle ne partageait pas avec les réseaux informatiques.
J’ai trouvé que toute l’histoire autour de ce complot était savamment construit et largement entraînant…L’interaction entre les différents personnages qui vont accompagné Swan mais aussi les questions que posent Swan par ses comportements donnent une saveur particulière au récit.
Le seul point noir à mon sens est le nombre d’intermède, qui brise un peu la dynamique globale…
Néanmoins, le livre vaut largement le détour.
Actes Sud (Septembre 2017) – 612 pages – 23.80€ – 9782330075347
Traduction : Thierry Arson
Titre Original : 2312 (2012)
Couverture : Mike Winkelmann
2312. Le système solaire a été colonisé après que la Terre a été ravagée par les effets de la pollution. L’humanité peut compter sur le qubes, ces ordinateurs quantiques miniaturisés et parfois greffés directement au cerveau, pour l’épauler dans ses efforts de survie. Des satellites sont terraformés, des astéroïdes forés pour y installer des terrariums et les transformer en vaisseaux spatiaux ; chacun peut choisir ou modifier son sexe ; les chercheurs repoussent chaque jour un peu plus les limites de la longévité.
Sur Mercure, dans le cité mobile Terminateur, Swan, conceptrice de terrariums et artiste de l’extrême, est accablée par le décès soudain de sa grande-belle-mère Alex, un personnage très influent qui nourrissait pour l’humanité de vastes projets soigneusement tenus secrets de tous les réseaux qubiques. accompagnée de Wahram, un associé d’Alex, et de Genette, une inspectrice de la Police Interplanétaire, Swan part sur Io en quête de réponses aux interrogations soulevées par la mort suspecte de son aïeule. Elle qui faisait profession d’imaginer des mondes se retrouve bientôt au cœur d’une vaste conspiration visant à les détruire.
2312 de Kim Stanley Robinson, 6.0 out of 10 based on 1 rating

Zombie, mon ami, ce n'est pas vrai que tu as forcément mauvaise haleine...


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Savez-vous qui a lancé la mode des zombies ? C’est par William Seabrook, plume au Reader’s Digest et à Vanity Fair, que des millions de lecteurs ont découvert l’existence des zombies et de la magie vaudou en Haïti. Vous l'ignoriez ? Eh bien la Petite bédéthèque des savoirs va pouvoir faire quelque chose de grand pour vous : une mise à jour, sans avoir à se dévorer de cervelle...


Le livre de Seabrook est en effet paru en 1929, et The magic Island inspira le premier film du genre : White Zombie. Alcoolique notoire, Seabrook appréciait les thèmes racoleurs et extraordinaires comme les mœurs exotiques, l’occultisme ou le cannibalisme. Il s’était même vanté un jour de s’être cuisiné un ragoût de viande humaine. C'est un peu comme cela que le mythe a viré à la culture pop.

Mais le monde fut également contaminé par les zombies grâce à Mel Brooks. Le plus important best-seller consacré aux zombies reste The Zombie Survival Guide. Paru en 2003, il fut traduit en pas moins de vingt langues et vendu à des millions d’exemplaires. Son auteur, Max Brooks, n’est autre que le fils du cinéaste Mel Brooks, auteur de la comédie Young Frankenstein, le célèbre proto-zombie !
C’est de tous ces petits détails que parle le livre Les zombies, la vie au-delà de la mort. Pas vraiment du sanguinolent en permanence, mais plutôt une approche culturelle raisonnée et raisonnable.
« L’attrait pour les zombies n’est plus un épiphénomène. L’engouement a depuis longtemps outrepassé la simple mode ; désormais, l’on devrait même parler d’un véritable phénomène de société. Aux États-Unis, la très respectable CDC, la plus importante agence gouvernementale américaine en matière de protection de la santé et de la sécurité publiques, lançait en 2011 une campagne de sensibilisation et publiait un article expliquant comment se prémunir d’une potentielle invasion de zombies. 
De la même manière, on apprenait récemment que le Pentagone avait, en 2011 toujours, lui aussi imaginé et publié un programme destiné à former les jeunes recrues de l’armée américaine en les initiant aux mesures de survie en cas d’« apocalypse zombie ».
Ce plan, nommé CONOP 8888 et élaboré très sérieusement par le centre de commandement stratégique de l’armée américaine, présentait plusieurs mesures d’urgence et opérations militaires visant à préserver les humains « non-zombies » de menaces posées par une horde de morts-vivants 
», explique David Vandermeulen.  (à paraître 13/10) Philippe Charlier — Richard Guérineau – Les zombies : la vie au-delà de la mort – Editions Le Lombard – 9782803671601 – 10 €

Les nouveautés éditeurs de la rentrée littéraire 2017


Rentrée littéraire 2017, la fashion week des libraires


Really Crazy – Dioniso Punk


As a great new wave films lover, before moving to Los Angeles, all of Jimmy Marble’s short films and video work were black and white, but just came in California he consciously started to try to find his own voice and be of his own time, by switching to color. And the first thing he decided was if he was going to be working with color, he should make that a primary element of his work.
“LA really introduced collaboration to me. I love set life because you have a group of people all working together on the same idea, bringing their own expertise, their own taste, and their own story to what we’re all working on.


Jimmy is a director, photographer, designer and muralist. His transition from cinema to photography produced some enchanting and colorful series as Magic City, Never Bored or The Garden of Eden, that, since from the titles suggest a certain way of looking at things:
“I have days that don’t go very well. But for the most part I really like my life. I found a line of work that leaves me really satisfied, and that’s the best. I love making things. There are times when money is way tighter than I want it to be, or a friend’s being a jerk, or I am, or I get in a bike crash, or heartbroken, or the news I read is all oppressively awful, and those things, but I also get to be a human, which is crazy. Really, really crazy.



www.jimmymarble.com

Les Halliennales 2017


Samedi 7 octobre se tenait, à Hallennes-Lez-Haubourdin (dans le Nord), le salon de l’imaginaire Les Halliennales. Nous y étions, Monsieur avec son appareil photo et moi avec les tous premiers exemplaires du Guide de la SF & de la fantasy. La première dédicace, approuvée par Marty McFly, a été réalisée pour Élisabeth (je crois que je vais me souvenir du prénom). A la table de dédicace, j’avais pour voisines sur ma droite, Delphine Dumouchel et Valérie Simon avec lesquelles le temps a passé très vite !
Le salon n’a pas désempli de la journée :
Du monde
Encore du monde
Nous avons passé une excellente journée en compagnie d’une centaine d’auteurs :
Sire Cédric
Alex Evans
Clément Bouhélier
Damien Snyers
Jeanne-A Debats
Franck Thilliez
Estelle Faye
Comme pour l’édition 2015, j’étais installée à côté de Georgia Caldera. Cette année encore, elle n’a pas dérogé à la règle : dédicacer sans arrêt. La file d’attente était longue. Et ses fans lui offrent des douceurs…
Georgia Caldera
Georgia Caldera a qui on offre des chocolats
L’un des temps forts du festival a été la remise du prix des Halliennales 2017. Le lauréat est Clément Bouhélier et le prix a été remis par le maire, André Pau, et son adjointe à la culture, Patricia Vanhoucke en présence de Sire Cédric, parrain du festival.
Remise du prix Halliennales
Remise du prix Halliénnales à Clément Bouhélier
Côté animations, le marché offrait de multiples créations (et j’ai réussi à ne pas craquer), dont ces très surprenants ebooks USB
Des livres USB
Des déambulations étaient aussi au programme :
Déambulations
Déambulations
Et bien entendu, les costumes ne manquaient pas, qu’ils soient zombies ou steampunk
Costume
Du steampunk !
Photos par C.Schlonsok tous droits réservés à l’auteur
Petit à petit, le salon s’installe et se consolide que ce soit par le panel d’auteurs présents, les animations ou le flux de visiteurs. L’accueil par les bénévoles, les organisateurs et la libraire était soigné et professionnel. Un bon moment !

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