Le guide de Paris en BD : tourisme, planches et culture


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A l’initiative d’Olivier Petit, fondateur des éditions Petit à Petit, un projet au long cours voit le jour avec la parution du Guide de Paris en Bandes Dessinées, au carrefour du guide touristique, de la bande dessinée historique et du guide culturel.



L’ambition est claire : en posant la volonté d’un « docu-BD » dans le segment touristique et culturel le pari était lancé. La bande dessinée est selon l’éditeur un « déclencheur d’envies », une clé d'entrée accessible à tous qui suscite la curiosité, et l’on peut ensuite offrir informations et documents.
Trente lieux incontournables et emblématiques de la capitale, six scénaristes, 30 dessinateurs, on peut, à ce stade, parler de « art book » , avec une réelle cohérence graphique et narrative, à propos de ce titre décalé.
Chaque lieu est abordé de manière complète : la première page délivre les informations de transports et accessibilité, ainsi qu’un plan des rues du quartier, et un dessin superposé à une photo offre un avant / après original. Une présentation succincte du monument ou du lieu complète la page.

Suivent ensuite trois planches de BD, qui relatent un épisode crucial et emblématique de la vie du lieu, que ce soit sa création ou son importance dans un événement historique. Les dessins sont classiques et très accessibles, sans volonté esthétisante affichée.

Une double page vient enfin. Des pastilles illustrées, dessins ou photos (plus de 900 documents iconographiques) délivrent des informations tous azimuts : histoire du bâtiment, grande Histoire, personnages célèbres, musique, cinéma, citations, lieux à visiter en marge de la visite du monument principal, détails et anecdotes saugrenues, dans un style parfois très impertinent et teinté d’humour.

Vous apprendrez ainsi que le financier fut créé par un pâtissier du quartier de l’Opéra pour éviter que ces messieurs de la Bourse de Paris ne se salissent les doigts, que la baguette de pain fut inventée pour faire cesser les rixes entre ouvriers du métro, pour pouvoir leur interdire de porter les couteaux qui leur servaient à couper les miches de pain, que les carreaux de ce même métro sont blancs pour refléter un éclairage plus que maigre à l’époque de sa création, ad libitum


Et notons aussi des conseils de lecture, allant de Tardi à Hemingway en passant par Victor Hugo et Les Aigles décapitées…
Un petit mot enfin sur le format : 16 X 24 cm, qui rentre dans le sac à main, le sac à dos, et dont la couverture cartonnée lui évitera d’être écorné dès la seconde journée du voyage…
Sans prétendre à l'exhaustivité, un vrai guide de voyage, un vrai guide culturel, un vrai plaisir de lecture : pari réussi pour le Guide de Paris en Bandes dessinées des éditions Petit à Petit.
Guide de Paris en BD - Editions Petit à Petit - 9791095670377 - 19,90 €

L'amour est une maladie ordinaire : espérant que la mort nous sépare...


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François Szabowski est un grand malade. Son dernier livre vous en persuadera sans qu’il soit besoin d’en faire la recension ici. Or, la beauté glaciale de ce jeune blondinet en slip kangourou, quatre fois reproduit sur la couverture lance un message terrible : mourir ou aimer, il faut savoir choisir.

Et de toute évidence, le mannequin slip kangourou n’a, lui, toujours pas tranché.


Alors voici donc l’histoire d’un jeune homme d’amour transi, pour une représentante du sexe opposé, qui semble le lui rendre avec vigueur, affection, tendresse et beaucoup d’alcool. Parce que l’imbécile heureux qui a prétendu pouvoir vivre d’amour et d’eau fraîche était assurément chez les AA.
Donc Marie est amoureuse, sans s’être encore déclarée, mais son Jules, qui en réalité se nomme François, ne s’accommodera pas de cette virulence qui l’habite, de ce monde qui l’emporte. L’amour, c’est top, mais uniquement s’il est définitif, absolu : pour ce faire, une seule chose, mourir. François se mettra donc en quête d’une mort qui punaisera Marie à leur amour, comme un papillon à un tableau de chasse.
Le plan est brillant, l’agence tout risque n’aurait pas osé l’avoir. Mais n’aboutira pas : le suicide ne fonctionne pas, et François se retrouve à devoir trouver une solution alternative. Et la fuite en avant se prolonge, laissant Marie sans nouvelles, et pour autant, sculptant l’esprit à chaque rencontre plus encore, d’un François parti pour séduire, aimer, être aimé... et disparaître
Quand la première phrase d’un roman – mieux : la première moitié de la phrase ! – débute par « Les Parisiens sont des têtards », le chroniqueur se mord la lèvre de plaisir. Surtout quand le phrasé du roman va nous embarquer avec l’humour et toute l’absurdité dont le personnage fera preuve.
François est un imbécile heureux, mais malheureux, et qui nous précipite dans les rues de la capitale, errant sans vraiment d’envie, mais avec beaucoup d’alcool. Difficile, même pour un homme, de trouver la moindre trace de sympathie vis-à-vis du personnage, qui exaspère plus qu’à son tour.
Et pourtant, le roman se déguste comme une gourmandise sucrée amère, une sorte de sauce aigre-douce, où l’on navigue entre l’ire et la joie permanente. Enjoué et déprimant, hilarant et consternant, c’est le roman de l’ambivalence : on adhère ou on déteste. Dans tous les cas, c’est servi sur un plateau, avec une langue vivante.
L’amour est une maladie ordinaire – François Szabowski – Editions Le Tripode – 9782370551238 – 17 €
 

Les critiques de la rentrée littéraire 2017


Rentrée littéraire 2017, la fashion week des libraires


Libre service de livres dans des distributeurs automatiques, depuis 1917


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Nés de la recherche d’automatisation du commerce, et de la volonté de créer une offre de libre service, les distributeurs automatiques ont vu le jour, tout d’abord en Allemagne. Il s’agissait de vente de boissons dans un premier temps. Le Marseillais Henri Émile Schloesing présenta ainsi son distributeur de boissons à l’exposition universelle de Paris de 1889. À Berne, en Suisse, un modèle vendant des chocolats existait déjà dans les rues.


On retrouve les premières traces de distributeurs de livres avec cette publicité de 1947 pour le Book-O-Mat, qui revendique 160 000 ouvrages de poche déjà vendus par ce moyen.

Nuit de la lecture : librairies et bibliothèques
font nocturne le 20 janvier 2018


Mais le distributeur de Reclam-Bücher aurait eu trente ans d’avance sur son confrère américain. Installés en Allemagne entre 1917 et 1930, ces appareils se présentaient comme une bibliothèque universelle idéale. Une exposition consacrée à Réclam, qui fit paraître son premier ouvrage dans les années 1860, était proposée à la Bibliothèque nationale allemande de Leipzig.


Buchautomat
Mais le principe du distributeur automatique de livres fonctionne même avec des comics, et Superman en tête d’affiche :
Peut même s’inscrire dans un choix commercial assez inédit : prises, chargeurs, adapteurs, préservatifs et… livres.
Et les initiatives à travers le monde ne manquent assurément pas...


Une nouvelle arnaque sur Amazon : l'usurpation d'identité d'auteures


Coup de bambou très sévère, pour deux auteures britanniques majeures, véritables succès commerciaux, et objets d’escroqueries de plus en plus efficaces. Peu après le cas Milly Johnson, deux autres femmes se sont trouvées prises dans une arnaque identique. Miranda Dickinson et Melissa Hill ne seraient que les dernières en date d’une tendance qui se développe.


Identity Theft - Credit Card
CafeCredit.com, CC BY 2.0

Les deux auteures, au cours des dernières semaines, se sont en effet rendu compte que des livres publiés sous leur nom et prénom, étaient commercialisés sur Amazon. Mais également sous son pseudonyme de Sophie Kinsella.
Les titres, note Miranda Dickinson, sont totalement farfelus, voire absurdes, comme The consequences are not always desirable if they are for one person et Who will be the first enemies or friends. Et la romancière d'ajouter : « Les descriptions ressemblent à un tas de mots pris et assemblés au hasard. »

Usurpation d'identité, le nouveau dada des pirates

Une épidémie qui ne semble pas encore avoir sévi en France, mais que les auteures ont clairement remarquée. Le modèle suit une précédente opération d’arnaque massive, où les escrocs incitaient à lire des pages via le système Kindle Unlimited. Et de la sorte, récupéraient des sommes non négligeables, en affichant frauduleusement des pages — le business model de KU repose sur le paiement des auteurs ou éditeurs à la page affichée.
Étant donné que les auteurs indépendants et le service Kindle Direct Publishing sont plus surveillés par Amazon, les escrocs n’hésiteraient finalement plus à s’en prendre à de grands noms. Fini les bots pour ouvrir des livres et faire semblant de lire, on en revient à une plus ancienne méthode, des ouvrages sans véritable contenu.

La littérature du XIXe siècle sert aux cybercriminels pour leurs attaques

Dickinson a découvert la supercherie, alertée par des lecteurs, et tenté de faire disparaître les faux livres en s’adressant à Amazon. On connaît la réactivité de l’entreprise : il lui fut répondu qu’elle ne pouvait pas obtenir de retraits de ces faux ouvrages, parce qu’elle ne disposait pas de compte KDP. Comble : Amazon a bloqué son propre compte et la vente ses livres, alors que les ouvrages autoédités et délictueux étaient toujours en vente…
Mais la situation a viré au cauchemar pour l’auteure, autant que pour les lecteurs arnaqués sans aucune possibilité de comprendre leur erreur. « C’est une forme de fraude extraordinairement inquiétante, tant pour les auteurs, les éditeurs que les lecteurs. Les auteurs consacrent des années à développer leurs projets, mais également leur réputation. Il est effrayant que l’on puisse être menacés de la sorte si facilement. Nous sommes maintenant extrêmement vigilants, pour tous nos auteurs », explique Caroline Hogg, directrice de la fiction chez Pan Macmillan qui publie Dickinson.

livre frauduleux

Les arnaques sans relâche : la rançon du succès

Le fonctionnement de la précédente arnaque est connu depuis des mois – plus d'un an même. Les faux livres produits et vendus via KDP sont en réalité produits par des pirates qui se servent de fermes à clic. Des espaces de contenu sans grande valeur, qui sont largement moissonnés, pour récupérer un texte qui sera reconstitué comme un livre.
Ces ouvrages stériles et factices sont maintenant lus par des bots, dont les adresses IP sont basées à l’étranger. Ces derniers tournent les pages virtuelles, et enrichissent les escrocs qui publient sans relâche, pour augmenter la cagnotte.
Mais jusqu’à présent, cet environnement vivait par lui-même : les bots n’avaient besoin que de faux contenus à lire, et les véritables lecteurs n’étaient jamais atteints. La nouvelle approche implique maintenant d’aller conquérir de véritables lecteurs, toujours avec cette méthode de paiement à la page.

livre frauduleux

Presque difficile à comprendre attendu qu’il est tout de même plus simple de faire la course avec Amazon en créant des bots, plutôt que d’attendre que de vrais êtres humains ne viennent ouvrir un livre. Mais en s’appuyant sur des noms réels d’auteurs dont la renommée est grandissante, les pirates misent sur une séduction facilitée.
Melissa Hill ajoute qu’elle a découvert un de ces faux livres, avec son nom, qui contenait un lien renvoyant directement à la fin du livre. De la sorte, l’internaute est comptabilisé par Amazon comme ayant lu l’intégralité du livre, lequel compte évidemment des milliers de pages.
La romancière analyse : « [Les pirates] ne s’attendent pas à ce que les livres soient achetés ou lus par de lecteurs réguliers : leurs ebooks n’existent que pour accomplir leur forfait. C’est une pratique terrible qu’Amazon doit vraiment affronter. » Car le recours à des noms d’auteurs traditionnellement publiés par des maisons vire également à l’usurpation d’identité.
Les outils d’Amazon favorisent-ils ce type de comportement ? La vérité est que les prédictions posées par ActuaLitté début 2010 : « Il faut bien comprendre qu’un virus utilise pour se propager un support simple et efficace. En ce sens, on pourra dire que les ebooks seront populaires quand on trouvera des fichiers infectés », nous expliquait un expert en sécurité du cabinet Fortinet. On ne parle pas ici de virus, avec Amazon, mais bien d’un support efficace pour réaliser une arnaque — qui reste l’une des finalités de toutes formes de virus.
Du reste Jean-Philippe Bichart, porte-parole de Kaspersky Lab, pointait tout le danger de l'intégrité du texte. « Tout cela n’est qu’une projection, évidemment. Soit : admettons qu’une attaque soit menée contre une base de données contenant des livres numériques. Le pirate, motivé par des questions idéologiques, décide d’effacer certains passages d’un livre, ou de supprimer des mots en particulier, des références... En fait, il pourrait altérer entièrement ce qui fait un patrimoine culturel. Le fichier corrompu est cloné, démultiplié, et on aboutit à un Voltaire qui pourrait soutenir sans ironie que Dieu existe. Jusque-là, c’est amusant, mais les implications prêtent moins à rire. »
On pouvait espérer que dans son système de vérification des livres et de leur contenu — la censure a priori que KDP peut en effet exercer — Amazon avait également intégré un système de vérification de l’origine même du texte…
via The Bookseller

Les meilleurs livres de l'année 2017 selon Le Monde des Livres


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La fin de l'année marque l'heure des bilans, et les différentes rédactions littéraires publient les unes après les autres leurs sélections des meilleurs livres de 2017. Le Monde des Livres a choisi de présenter les palmarès respectifs des rédacteurs : largement de quoi vous inspirer pour les cadeaux de Noël, ou pour d'autres occasions...


 

Le choix de Jean Birnbaum


L’Art de perdre, d’Alice Zeniter, Flammarion
Europa. Notre histoire, sous la direction d’Étienne François et Thomas Serrier, Les Arènes
Se défendre. Philosophie de la violence, d’Elsa Dorlin, La Découverte
En terrain miné, d’Alain Finkielkraut et Élisabeth de Fontenay, Stock
Le Voleur de chocolat, de Geronimo Stilton, traduction de Marianne Faurobert, Albin Michel Jeunesse


Le choix de Florent Georgesco


L’Ordre étrange des choses, d’Antonio Damasio, Odile Jacob
Défense de Prosper Brouillon, d’Éric Chevillard, Éditions Noir sur Blanc
Me voici, de Jonathan Safran Foer, traduction de Stéphane Roques, Éditions de l'Olivier
Bibliothèque idéale des philosophes antiques, édité par Jean-Louis Poirier, Les Belles Lettres
Le Chemin des humbles, de Rémi Bordes, Plon

Le choix de Raphaëlle Leyris


Les Fantômes du vieux pays, de Nathan Hill, traduction de Mathilde Bach, Gallimard
Summer, de Monica Sabolo, JC Lattès
Une odyssée. Un père, un fils, une épopée, de Daniel Mendelsohn, Flammarion
L’Avancée de la nuit, de Jakuta Alikavazovic, Éditions de l'Olivier
La Serpe, de Philippe Jaenada, Julliard

Le choix de Florence Noiville


Classé sans suite, de Claudio Magris, traduction de Jean et Marie-Noëlle Pastureau, Gallimard
Le Sympathisant, de Viet Thanh Nguyen, traduction de Clément Baude, Belfond
Retour à Lemberg, de Philippe Sands, traduction d'Astrid Von Busekist, Albin Michel
Les Huit Montagnes, de Paolo Cognetti, traduction d'Anita Rochedy, Stock
Les Belles de Halimunda, d’Eka Kurniawan, traduction d'Étienne Naveau, Sabine Wespieser

Le choix de Frédéric Potet


Opération Copperhead, de Jean Harambat, Dargaud
Nos vacances, de Blexbolex, Albin Michel
Alors que j’essayais d’être quelqu’un de bien, d’Ulli Lust, traduction de Paul Derouet, Éditions çà et là
Crache trois fois, de Davide Reviati, traduction de Silvina Pratt, Ici Même
Bangalore, de Simon Lamouret, Warum

Le choix de Macha Séry


Correspondance (1944-1959), d’Albert Camus et Maria Casarès, Gallimard
Sur l’écriture, de Charles Bukowski, traduction de Romain Monnery, Au Diable Vauvert
Hérésies glorieuses, de Lisa McInerney, traduction de Catherine Richard-Mas, Joëlle Losfeld
Glaise, de Franck Bouysse, Le Livre de Poche
Une colonne de feu, de Ken Follett, traduction de Cécile Arnaud, Jean-Daniel Brèque, Nathalie Gouyé-Guilbert, Odile Demanhe et Dominique Haas, Robert Laffont

Le choix de Nicolas Weill


L’Archipel des Solovki, de Zakhar Prilepine, traduction de Joëlle Dublanchet, Actes Sud
La Maison éternelle, de Yuri Slezkine, traduction de Pascale Haas, Bruno Gendre, Charlotte Nordmann, Christophe Jaquet, La Découverte
Histoire des Indes, de Michel Angot, Les Belles Lettres
Les femmes sont des guitares (dont on ne devrait pas jouer), de Clemens Setz, Actes Sud
La Première Pierre, de Carsten Jensen, traduction de Nils Ahl, Phébus

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